jeudi 12 octobre 2017

L’amour ne se gonfle pas d’orgueil

Un amour humble, ouvert, simple est un bon ciment dans un couple et dans une famille. Il manifeste une douceur et une bonté de cœur envers les autres.
 
Au contraire, la personne qui s’enfle et se rengorge devant son conjoint ou ses enfants fait une œuvre destructrice, qui ébranle la maison qu’elle devrait construire.
 
L’amour vrai et solide se met avec respect au niveau de l’autre. Il est simple. Il rejette la vanité et tout ce qui porterait à se donner des airs importants. Sinon, cet amour devient désagréable : il repousse au lieu d’attirer.
 
Il s’agit donc de ne pas s’en faire accroire, de ne pas se remplir de vent, de ne pas se laisser aller à des enflures dans les relations matrimoniales et familiales, comme pour toutes les relations dans diverses communautés.
 
Le pape François (dans La joie de l’amour par. 97) a commenté : « L’amour n’est pas arrogant. » La personne qui aime vraiment ne se grandit pas devant les autres. « Certains se croient grands parce qu’ils sont plus instruits que les autres, et ils s’appliquent à être exigeants envers eux et à les contrôler; alors qu’en réalité ce qui nous grandit, c’est l’amour qui comprend, protège, sert de rempart au faible, qui nous rend grands. »
 
Les conseils de Paul au sujet des critères qui doivent guider dans le choix d’un responsable de communauté sont éclairants. Car les parents sont bien les responsables de cette première cellule d’Église qu’est la famille. Paul donc écrit :
 
« Le responsable doit être […] ni buveur ni brutal, mais bienveillant, ni querelleur ni cupide. […] Il ne doit pas être un nouveau converti; sinon, aveuglé par l’orgueil, il pourrait tomber sous la même condamnation que le diable. » (1Timothée 3, 2-6) Le diable, c’est celui qui divise, qui déchire, qui détruit, qui jette méfiance et haine partout où il agit.
 
Oui, qui aime ne doit pas s’en faire accroire ni s’enfler d’orgueil!
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(14e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 7 octobre 2017

L’amour ne se vante pas

L’amour ne fanfaronne pas. Il ne manque pas de tact ni de mesure. Il élimine de la vie les paroles arrogantes, inconsidérées, qu’il s’agisse de frivolités ou d’insolence.
 
Le vantard est importun, offensant, outrancier. Il provoque le trouble. Son comportement est agressif. Ainsi, il détruit ce que l’amour doit construire dans le couple, la famille ou une communauté. Il rend toute coopération impossible avec l’autre, que ce soit le conjoint, un enfant, un voisin. La personne qui passe son temps à dire : « C’est moi qui… », est un casse-pieds. Tout ce qui est bluff et goût de paraître est un obstacle à l’amour vrai.
 
Le pape François note qu’il s’agit de « la gloriole, le désir de se montrer supérieur pour impressionner les autres par une attitude pédante et quelque peu agressive. Celui qui aime, non seulement évite de parler trop de lui-même, mais en plus parce qu’il est centré sur les autres, il sait se mettre à sa place sans prétendre être au centre. » (La joie de l’amour, par. 97)
 
Ce chemin qui permet à l’amour de bâtir couple, famille, communauté, nous est admirablement tracé par s. Paul : « S’il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, si l’on s’encourage avec amour, si l’on est en communion dans l’Esprit, si l’on a de la tendresse et de la compassion, alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l’unité. Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres. Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » (aux Philippiens, 2,1-5)
 
Le modèle de l’amour et de l’humilité est bien le Jésus que nous le présentent les évangiles.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(13e texte d’une série sur La joie de l’amour)

dimanche 1 octobre 2017

Invitation pour le lancement de mon livre

C’est avec joie que je vous invite au lancement de mon livre, dont le titre est : Il nous aima jusqu’au bout (Médiaspaul). Il s’agit d’une lecture méditée du testament de Jésus (Jean ch. 13 à 17) pour en recueillir la richesse de vie, d’amitié, d’espérance, d’élan vers l’avenir, comme autant de pistes sur nos chemins d’aujourd’hui. Son lancement aura lieu le 6 octobre, à 19 h, à la cathédrale Saint-Joseph au 245, boul. St-Joseph (secteur Hull), porte 4. Stationnement disponible derrière l'église. Toutes et tous sont les bienvenus.
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

samedi 23 septembre 2017

L’amour n’est ni jaloux ni envieux

L’amour est ce qu’il y a de plus efficace au service de l’unité du couple et de la famille. Or, la jalousie, avec toutes ses mesquineries, s’y oppose radicalement. Amour et envie se contredisent.
 
Car l’amour parle de bonheur et l’envie parle de tristesse.
 
L’amour appelle le respect qui facilite les relations, cimente l’union, alors que la jalousie sépare et insiste sur ce qui divise. L’envie pour sa part refuse les inégalités et le respect des richesses de l’autre.
 
Les fruits de la jalousie envieuse sont l’animosité, la colère, les querelles de toutes sortes. L’amour au contraire est douceur et générosité.
 
L’histoire de Caïn et Abel montre que cette jalousie envieuse empoisonne les relations humaines et conduit à la destruction, même au meurtre.
 
Le livre des Actes des Apôtres (17, 1-8) donne un exemple de ce que produit la jalousie dans une communauté, de la plus petite à la plus grande. Paul prêchait avec succès Jésus ressuscité. « Mais les Juifs, pris de jalousie, ramassèrent sur la place publique quelques vauriens; ayant provoqué des attroupements, ils semaient le trouble dans la ville. »

« L’envie est une tristesse à cause du bien d’autrui, qui montre que le bonheur des autres ne nous intéresse pas, car nous sommes exclusivement concentrés sur notre propre bien-être. Alors que l’amour nous fait sortir de nous-mêmes, l’envie nous porte à nous centrer sur notre moi. Le véritable amour valorise les succès d’autrui, il ne les sent pas comme une menace, et il se libère du goût amer de l’envie. Il accepte que chacun ait des dons différents et divers chemins dans la vie. Il permet donc de découvrir son propre chemin pour être heureux, permettant que les autres trouvent le leur. » (pape François, La joie de l’amour par. 96) Et il ajoute : « L’amour nous porte à un sentiment de valorisation de chaque être humain, en reconnaissant son droit au bonheur. »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(12e texte d’une série sur La joie de l’amour)

vendredi 15 septembre 2017

L’amour rend service

Au cœur de la croissance, de la consolidation, de l’approfondissement du couple et de la famille, il y a l’amour qui rend service avec bonté et persévérance. Il s’agit d’un amour actif, efficace, disponible pour soutenir et aider les membres de la famille.
 
Cet état d’âme est complexe. On y voit de la bienveillance envers l’autre, de l’affabilité, du bon cœur, de la générosité. On parle aussi de ce service qu’est l’accueil de l’autre avec délicatesse et tendresse, sachant écouter, comprendre, avoir compassion et aider de son mieux. L’amour qui se rend utile aide avec le sourire. Aimer entretient la joie et le bien-vivre ensemble. C’est ainsi que l’amour vrai se manifeste, se prouve.
 
Le pape François (La joie de l’amour, par. 93-94) insiste sur le fait que l’amour conjugal et familial, comme tout amour, n’est pas une attitude passive. Il exige une activité, « une réaction dynamique et créative face aux autres. » L’amour ainsi vécu bénéficie aux autres, promeut leur bien. Il est juste de parler d’un « amour serviable ». La personne qui aime ainsi fait du bien aux autres autour d’elle. Comme disait saint Ignace de Loyola, « l’amour doit se mettre plus dans les œuvres que dans les paroles ».
 
Et le pape de conclure : l’amour « peut montrer ainsi toute sa fécondité, et il nous permet d’expérimenter le bonheur de donner, la noblesse et la grandeur de se donner pleinement, sans mesurer, gratuitement, pour le seul plaisir de donner et de servir. »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(11e texte d’une série sur La joie de l’amour)

dimanche 10 septembre 2017

L’amour prend patience

Cette qualité nécessaire dans la vie familiale consiste à être lent à la colère. Le pape François commente, dans La joie de l’amour par. 91-92: « Cela se révèle quand la personne ne se laisse pas mener par les impulsions et évite d’agresser. »  Il s’agit de tenir bon et avec douceur pour supporter les autres ou les événements qui nous énervent.
 
Une telle attitude est faite à la fois de douceur, de force d’âme, d’humilité. Elle est le fruit de la paix, de la tranquillité intérieure. Elle ignore les lamentations, la susceptibilité, l’aigreur des relations dans le couple et dans la famille. Elle est en somme le fruit d’un grand cœur. Mais elle ne signifie pas de permettre qu’on nous maltraite en permanence, ni de tolérer les agressions physiques, ni de permettre qu’on nous traite comme des objets.
 
Le problème survient lorsque nous exigeons que les personnes soient parfaites;  ou bien quand nous nous mettons au centre et espérons que notre seule volonté s’accomplisse. Le résultat est alors que « tout nous impatiente, tout nous porte à réagir avec agressivité. Si nous ne cultivons pas la patience, nous aurons toujours des excuses pour répondre avec colère, et en fin de compte nous deviendrons des personnes qui ne savent pas cohabiter, antisociales et incapables de refréner les pulsions, et la famille se convertira en champ de bataille. » (Pape François)
 
Ce qui fortifie la patience, c’est de reconnaître « que l’autre aussi a le droit de vivre sur cette terre près de moi, tel qu’il est. Peu importe qu’il soit pour moi un fardeau, qu’il contrarie mes plans, qu’il me dérange par sa manière d’être ou par ses idées, qu’il ne soit pas tout ce que j’espérais. » L’amour est compréhension et compassion qui portent « à accepter l’autre comme une partie de ce monde, même quand il agit autrement que je l’aurais désiré. »
 
Rappelons l’exhortation de saint Paul qui donne le motif chrétien pour une telle patience : « Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes, tout cela doit être éliminé de votre vie, ainsi que toute espèce de méchanceté. Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. » (Éphésiens, 4, 31-32)
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(10e texte d’une série sur La joie de l’amour)

mardi 5 septembre 2017

Nécessité de l’amour dans le couple et la famille

Saint Paul (1 Corinthiens 13, 1-13) a fortement insisté sur la nécessité de l’amour à la base et comme moteur de toute vie chrétienne. Cet enseignement est essentiel pour ce qui concerne la construction et l’affermissement du couple et de la famille.
 
Nous employons comme équivalents les termes « amour » et « charité ». Ces deux mots sont très dévalorisés aujourd’hui. L’amour est réduit à un sentiment vague et passager. La charité est comprise comme une condescendance envers l’autre. Il faut retrouver la vérité et par le fait même la nécessité de l’amour-charité dans la vie quotidienne.
 
L’amour est la réalité fondamentale du couple et de la famille. C’est la plus grande valeur, l’unique absolument nécessaire. C’est elle qui assure la construction du couple et de la famille. Elle est la base et le moteur de sa fécondité et de son rayonnement.
 
Certes, bien d’autres attitudes sont utiles, souvent nécessaires pour qu’un couple se forme solidement, pour qu’une famille se développe dans l’harmonie et le respect mutuel de ses membres. Mais sans l’amour, tous ces autres talents finissent par ne servir à rien. Ils ne permettent pas d’atteindre le but recherché : construire une communauté de vie et d’amour soutenant l’estime mutuelle et l’épanouissement de ses membres.
 
Il ne faut jamais cesser de désirer, de chercher, de pratiquer l’amour, de le rendre actif dans le foyer. Car l’amour est ce qu’il y a de plus efficace et de plus complet dans le service de l’unité et de l’épanouissement de la vie.
 
On peut donc affirmer qu’aimer est la règle d’or sur laquelle tabler, se mesurer pour construire un milieu de vie épanouissant. On y comprend alors que, par exemple, parler sans être animé par l’amour peut détruire les relations qui doivent unifier les membres de la communauté familiale. Ou encore, quelqu’un pourrait se tuer à travailler pour sa famille. Sans amour, le résultat sera nul. Car seul l’amour peut donner courage et fidélité jusqu’au bout dans le don de soi à l’autre.
 
Aussi, le pape François a pu écrire dans La joie de l’amour (par. 89) : « Nous ne pourrions pas encourager un chemin de fidélité et de don réciproque si nous ne stimulions pas la croissance, la consolidation et l’approfondissement de l’amour conjugal et familial. »
 
Mais cet amour, quel est-il? Comment se montre-t-il? Par quels actes se manifeste-t-il dans sa vérité? C’est ce que nous verrons dans les prochains textes.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(9e texte d’une série sur La joie de l’amour)

mercredi 30 août 2017

Il nous aima jusqu’au bout

C’est avec joie que je vous présente mon récent livre.
 
Existe-t-il legs plus précieux que celui d’un testament spirituel? La plupart des fondateurs de communautés religieuses en ont laissé. Mais bien avant eux, Jésus lui-même nous a donné un tel testament. Jean, le disciple bien-aimé, l’a recueilli, médité puis mis pour nous par écrit. Ce sont les chapitres 13 à 17 de son évangile.
 
Jésus a terminé sa mission. C’est son dernier soir avec les siens. Au cours d’un repas d’adieu vécu dans un climat d’intimité et de tendresse, il dépose dans le cœur de ses disciples ses dernières instructions, l’assurance de sa présence et la promesse de généreux dons qui les rendront aptes à leur mission dans le monde.
 
À nous aussi, ce testament est personnellement adressé. Dans le présent livre je nous invite à en relire puis à en méditer les différents passages. Ce livre nous aide à en recueillir la richesse de vie, d’amitié, d’espérance, d’élan vers l’avenir, comme autant de pistes sur nos chemins d’aujourd’hui.
 
Vous êtes cordialement invité au lancement de ce livre qui aura lieu le 6 octobre. Ce livre est aussi disponible dans toutes les bonnes librairies (dont la Librairie Louis Fréchette, 313, rue Notre-Dame, Gatineau) au prix de $20.00.
 
Je vous remercie de l’accueil que vous lui réserverez.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

vendredi 25 août 2017

L’amour

L’amour est au cœur du couple et de la famille. Il est une des grandes valeurs qui correspondent aux aspirations les plus intimes et les plus dynamiques du cœur humain. L’amour est aussi au cœur de l’expérience chrétienne du mariage et de la famille. Le mariage est la création d’une communauté de vie et d’amour conjugal. Ce même amour se fait familial et devient le principe de vie de cette société, miniature de la société humaine. Ainsi, le couple et la famille chrétiennes sont la première cellule de l’Église.
 
Pour la célébration liturgique de leur mariage, les futurs conjoints choisissent souvent un texte de saint Paul. Le voici :
 
« L’amour prend patience;
l’amour rend service;
l’amour ne jalouse pas;
il ne se vante pas,
ne se gonfle pas d’orgueil;
il ne fait rien d’inconvenant;
il ne cherche pas son intérêt;
il ne s’emporte pas;
il n’entretient pas de rancune;
il ne se réjouit pas de ce qui est injuste,
mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai;
il supporte tout,
il fait confiance en tout,
il espère tout,
il endure tout. »
 
Dans son grand texte sur La joie de l’amour, le pape François nous donne un magnifique commentaire de ce texte. L’amour, ce qui signifie la charité, est au cœur de la vie de tout chrétien, de tout couple et de toute famille chrétienne. Mais que signifie ce mot si beau et si malmené par toutes sortes d’interprétations. Dans mes prochains textes, je regarderai les explications du pape, qui sont si riches et dynamiques.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(8e texte d’une série sur La joie de l’amour)

jeudi 17 août 2017

Jésus et sa famille

Le pape François nous présente dans La joie de l’amour (par. 65-66) une belle synthèse de Jésus et sa famille. Il nous invite à accompagner Jésus sur son chemin de vie depuis son incarnation en Marie et durant sa vie à Nazareth. Il est bon de lire lentement ce texte.
 
« L’incarnation du Verbe dans une famille humaine, à Nazareth, touche par sa nouveauté l’histoire du monde. Nous avons besoin de plonger dans le mystère de la naissance de Jésus, dans le oui de Marie à l’annonce de l’ange, lorsque la Parole a été conçue dans son sein; également dans le oui de Joseph, qui a donné à Jésus son nom et a pris en charge Marie; dans la fête des bergers près de la crèche; dans l’adoration des Mages; dans la fuite en Égypte à travers laquelle Jésus participe à la douleur de son peuple exilé, persécuté et humilié; dans l’attente religieuse de Zacharie et dans la joie qui accompagne la naissance de Jean le Baptiste; dans la promesse accomplie pour Siméon et Anne au temple; dans l’admiration des docteurs écoutant la sagesse de Jésus adolescent. Et ensuite, pénétrer les trente longues années où Jésus gagnait son pain en travaillant de ses mains, en murmurant la prière et la tradition croyante de son peuple et en étant éduqué dans la foi de ses parents, jusqu’à la faire fructifier dans le mystère du Royaume. C’est cela le mystère de la Nativité et le secret de Nazareth, plein de parfum familial! C’est le mystère, qui a tant fasciné François d’Assise, Thérèse de l’Enfant-Jésus et Charles de Foucauld, où se désaltèrent aussi les familles chrétiennes pour renouveler leur espérance et leur joie. »
 
« L’alliance d’amour et de fidélité, dont vit la Sainte Famille de Nazareth, illumine le principe qui donne forme à toute famille et la rend capable de mieux affronter les vicissitudes de la vie et de l’histoire. Sur cette base, toute famille, malgré sa faiblesse, peut devenir une lumière dans l’obscurité du monde. » Puis est ajoutée une belle citation de Paul VI : « Que Nazareth nous enseigne ce qu’est la famille, sa communion d’amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable; apprenons de Nazareth comment la formation qu’on y reçoit est douce et irremplaçable; apprenons quel est son rôle primordial sur le plan social » (Discours prononcé à Nazareth, 5janvier 1964
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(7e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 12 août 2017

Célébration de la nativité de saint Jean Baptiste et fête nationale des Québécoises et Québécois

Frères et sœurs.

Le 12 octobre 2011 au matin, un ami est venu à mon appartement pour m’offrir une icône de saint Jean-Baptiste. J’en fus ému. Mon ami ne savait pas que ce jour-là était le premier de ma retraite. Par lui, Jean-Baptiste venait m’indiquer le chemin. Comme il l’a fait il y a 2000 ans pour ses premiers disciples, il a pour moi pointé du doigt Jésus et m’a dit : « Suis-le ». Depuis, l’icône de Jean-Baptiste est fixée au-dessus de mon ordinateur!

Les hommes et les femmes qui ont quitté la France pour la terre d’Amérique ont apporté la dévotion à saint Jean Baptiste dans leurs bagages humains et spirituels.

Dès 1606, des colons français se dirigeant vers l’Acadie firent escale le 24 juin à Terre-Neuve pour y célébrer la messe. Le « Monument de la Foi », érigé sur la Place d’Armes de la ville de Québec, rappelle la première messe sur l’ile de Montréal, le 24 juin 1615. Dès 1636, notent les Relations de Jésuites, nos ancêtres célébraient avec enthousiasme et des deux côtés du fleuve la Saint-Jean, avec messes solennelles et feux de joie.

Champlain, inspiré par les valeurs de l’Évangile, a rêvé d’une civilisation où l’on vivrait, Français et Autochtones, dans le respect de l’autre, l’enrichissement mutuel et la paix. Maisonneuve, plantant la croix sur la montagne, donna à Montréal un héritage semblable. Marie de l’Incarnation, Catherine de St-Augustin, Marguerite Bourgeoys, Jeanne Mance ont fondé écoles, hôpitaux, refuges aussi bien pour les Autochtones que pour les Français. Ces personnes et tant d’autres ont inscrit l’Évangile et ses valeurs dans l’ADN de notre nation.

400 ans plus tard, saint Jean Baptiste veut et peut toujours orienter notre cœur et notre discernement vers les valeurs fondamentales pour notre avenir ensemble.

Jean-Baptiste fut l’enfant d’un peuple en panne d’espérance et en mal de raisons de vivre. Il continue aujourd’hui sa mission qui consiste à nous indiquer où puiser le courage de bâtir une société plus juste, plus solidaire, capable de poser des gestes de réconciliation. Cette célébration est une invitation à retrouver nos raisons de vivre dans le cœur d’un Dieu fait homme qui, toujours, aime, accueille, pardonne, ouvre l’avenir. C’est une vaccination contre la résignation passive, la fuite dans les distractions.

Jean-Baptiste fut l’enfant de la rencontre. Alors que Marie, enceinte de Jésus, saluait Élisabeth, il dansa de joie dans le sein de sa mère. Cette célébration nous invite à la joie de la rencontre de l’autre : le réfugié, celui qui tend la main pour quelques sous et surtout pour un accueil, un sourire. C‘est la joie de la fraternité universelle voulue par Dieu et toujours à bâtir.

Jean-Baptiste fut l’homme du désert. Sa pauvreté volontaire interpelle notre mode de vie, notre style de consommation et de gaspillage, les blessures irréparables que nous imposons à la nature.

Jean-Baptiste fut le prophète à la parole dérangeante. À tous, il dit : « Si quelqu'un a de quoi manger, qu'il partage avec celui qui n'en a pas. » Aux détenteurs de pouvoir et de la force, il dit : « Ne faites ni violence ni tort à personne. » Aux brasseurs d’affaires et d’argent il dit : « N'exigez rien de plus que ce qui vous a été fixé. » (Lc 3, 11-14) Notre célébration répercute l’appel de Jean-Baptiste à la justice, à la sensibilité envers l’autre, à la générosité du cœur. La fidélité à notre héritage culturel et spirituel appelle un supplément d’âme, un sursaut de solidarité. Cette fête entretient le goût de bâtir une société marquée par une attention aux marginalisés, aux blessés par la vie et par la société.

Nous célébrons la naissance de Jean-Baptiste dans une famille humble, mais bien enracinée dans la parenté et en bonnes relations avec les voisins. Plus tard, sa mission sera de ramener « le cœur des parents vers leurs enfants, celui des enfants vers leurs parents. » Le couple et la famille sont les bases essentielles de la société et de l’Église. Y sont précieuses les relations de tendresse, de soutien, de consolation entre les grands-parents et les petits-enfants. Et notre société vieillissante appelle un surcroît d’attention des enfants envers leurs vieux parents qui risquent de se retrouver dans la solitude d’un appartement, où ils ont la sécurité, mais peuvent manquer de tendresse et de réconfort de la part des leurs.

Jean-Baptiste fut le témoin d’un Dieu qui aime et qui se souvient. La plaque d’immatriculation de mon auto affiche : « Je me souviens ». Que cette célébration de saint Jean-Baptiste et de notre fête nationale nous rappelle d’où nous venons, de quelle tendresse nous sommes aimés, quelle tâche est devant nous. Nous sommes appelés à devenir une tranche d’humanité porteuse des valeurs évangéliques d’adoration envers Dieu notre Père, de justice et de bonté envers tout humain, et d’admiration affectueuse et protectrice de la nature.

Que l’Esprit de Jésus ressuscité nous y guide!
Amen.

† Roger Ébacher
Archevêque émérite de Gatineau.

Homélie du 24 juin 2017 à la cathédrale St-Joseph de Gatineau

vendredi 4 août 2017

Le travail nécessaire pour la famille

Le travail est une réalité importante dans la vie d’un couple et d’une famille. Nous savons comment le chômage peut y faire des ravages! C’est cette réalité, constatée dans la vie quotidienne, que reflète la Bible. Le pape François le note dans son texte sur La joie de l’amour (par. 23-26).
 
Le travail est une partie fondamentale de la dignité de la vie humaine. La Bible l’insinue dès ses premières pages. Il y est déclaré que « l'homme a été établi dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder » (Genèse 2, 15). C’est l’image du père qui travaille pour gagner le pain de la famille.
 
Le livre des Proverbes (31, 10-31) nous donne un très beau texte sur « la tâche de la mère de famille, dont le travail est décrit dans ses détails quotidiens, suscitant l’éloge de l’époux et des enfants. » Le pape rappelle que « le travail permet à la fois le développement de la société, l’entretien de la famille ainsi que sa stabilité et sa fécondité. »
 
La Bible montre aussi que le chômage ou le travail précaire deviennent une souffrance pour tout le groupe familial. Nous en voyons un exemple dans le beau livre de Ruth. Au temps de Jésus, le chômage et la pauvreté harcèlent les familles. C’est aussi ce que nous enseigne la parabole des travailleurs assis, dans une oisiveté forcée, sur la place publique et qui attendent que quelqu’un les emploie (Matthieu 20, 1-16).
 
C’est ce que vivent bien des familles dans beaucoup de pays, et aussi certaines familles dans le nôtre. Ce manque de travail crée insécurité et tensions au sein des divers membres : couple et enfants. Aussi, est-ce essentiel de lutter contre les causes du chômage et de soutenir par divers chemins disponibles les familles ainsi affectées.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(6e texte d’une série sur La joie de l’amour)

lundi 31 juillet 2017

Les formes modernes d’esclavage

Les connaissons-nous? Reconnaissons-nous leur gravité, leur capacité d’avilissement des personnes et de corruption de nos sociétés? Savons-nous que ce sont là des crimes contre l’humanité?
 
En voici une courte liste : la traite et le trafic de personnes, les enfants soldats et les nouvelles formes d’esclavage comme le travail forcé, la prostitution, le trafic d’organes, le commerce de la drogue, le crime organisé. Ce sont là de véritables crimes contre l’humanité. Le pape François le rappelait aux juges, leur demandant de lutter avec fermeté et courage contre ces maux, se gardant de se laisser corrompre.
 
Il est aussi important de réfléchir sur les objectifs du développement durable et intégral votés par les 193 pays de l’ONU, visant 2030. On y lit entre autres la cible 8.7 : « Prendre des mesures immédiates et efficaces pour supprimer le travail forcé, mettre fin à l’esclavage moderne et à la traite des êtres humains, interdire et éliminer les pires formes de travail des enfants, y compris le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats et, d’ici à 2025, mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes ».
 
Notre pays s’y est aussi engagé. Est-ce que ça me concerne? Que puis-je faire pour aider à nous sensibiliser à ces questions si douloureuses et actuelles? En parler au député? Échanger avec des gens de ma famille, de mon milieu, mes enfants, à l’école? Ou encore? De tels drames doivent tisonner notre créativité! Comment puis-je œuvrer pour ouvrir de nouveaux chemins à la dignité humaine et à la paix?
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

samedi 29 juillet 2017

Jésus connaît la souffrance des familles

Les récits évangéliques nous montrent Jésus se faire sans cesse proche des familles, de leurs souffrances, de leurs défis. Le pape François le note dans son texte intitulé : La joie de l’amour (par. 21). On y trouve les références aux divers textes ici commentés).
 
Jésus lui-même naît dans une famille modeste qui bientôt doit fuir vers une terre étrangère. Enfant, il a donc vécu avec Marie et Joseph comme un réfugié en Égypte, avec les souffrances qu’une telle situation inflige à une famille. Puis il a grandi dans un village obscur, avec d’autres enfants d’humbles familles. Un jour, il a mis sa famille en crise en affirmant que sa priorité était de rester dans la demeure de son Père du ciel : parole qui fut bien obscure et troublante pour ses parents. Il a connu la nécessité de gagner la vie de la famille. Il a vécu bien des tensions avec sa parenté proche.
 
Jésus est entré dans la maison de son ami le pêcheur Pierre, où la belle-mère de celui-ci est malade. On y voit sa sollicitude pour aider le couple plongé dans une situation angoissante.
 
Jésus se laisse impliquer dans le drame de la mort dans la maison de Jaïre. Il sent dans son cœur la souffrance de ce père alors que sa jeune fille est mourante. Jésus y va et pose le geste qu’il peut pour refaire cette famille, lui redonner de l’espoir. C’est aussi ce qu’il fait pour Marthe et Marie prises dans le deuil de leur frère Lazare qui vient de mourir. Elles l’appellent et l’attendent avec anxiété. Il se rend dans leur maison. Il les soutient, les console, redonne vie à cette famille.
 
Jésus écoute le cri désespéré d’une veuve du village de Naïn qui porte en terre son fils unique. Il ressent jusque dans le frémissement de ses entrailles le drame de cette famille décimée. Il se fait proche, touche le cercueil, redonne la vie à l’enfant et à sa mère le goût et le courage de continuer à vivre. Jésus, de même, écoute la clameur du père de l’épileptique dans un petit village bien modeste.
 
Jésus rencontre des publicains comme Matthieu ou Zachée dans leurs propres maisons. Il accueille des pécheresses comme la femme qui a fait irruption dans la maison du pharisien. Sans cesse, il va là où un couple, une famille souffre. Il va vers, il accueille, il se fait présent dans les lieux où habitent les gens, où ils vivent leurs joies et leurs souffrances, là où se nouent et se dénouent tant de drames conjugaux, familiaux, humains.
 
Jésus connaît les angoisses et les tensions des familles qu’il introduit dans ses paraboles : des enfants qui abandonnent la maison familiale pour tenter une aventure; des enfants difficiles, aux comportements inexplicables ou victimes de la violence. Il s’intéresse aux noces qui courent le risque d’être honteuses par manque de vin ou par l’absence des invités.
 
Jésus est proche aujourd’hui de tous ces maux qui frappent tant de couples, de familles, au long de jours et des saisons de la vie. Il faut le supplier d’y venir, d’y mettre en œuvre sa bonté, sa miséricorde, sa tendresse. Il le peut et il le veut, car il connaît toutes nos fragilités, mais aussi toutes nos aspirations à aimer vraiment et à vivre.
 
Il est bon de situer Jésus dans la longue histoire des familles dans la Bible. C’est ce que fait un texte intéressant auquel je vous réfère.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(5e texte d’une série sur La joie de l’amour)

jeudi 13 juillet 2017

Le couple humain, image de Dieu

Un jour, Jésus rappelle à ses interlocuteurs ce que nous risquons parfois d’oublier et qui est le sens même du couple humain : « N'avez-vous pas lu que le Créateur, dès l'origine, les fit homme et femme? » (Matthieu 19, 4) C’est bien ce qu’enseigne le début de la Bible : « Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa. » (Genèse 1,27)
 
Le pape François, dans son magnifique texte intitulé La joie de l’amour, commente : « Les deux grandioses premiers chapitres de la Genèse nous offrent l’image du couple humain dans sa réalité fondamentale. Dans ce texte initial de la Bible brillent certaines affirmations décisives. » (par. 10)
 
Et il précise : « Le couple qui aime et procrée est la vraie “sculpture” vivante (non pas celle de pierre ou d’or que le Décalogue interdit), capable de manifester le Dieu créateur et sauveur. C’est pourquoi l’amour fécond arrive à être le symbole des réalités intimes de Dieu. » (par. 11) Ainsi, la relation féconde du couple devient une image qui oriente notre méditation vers le mystère de Dieu amour et vie, donateur généreux de vie. « Le Dieu Trinité est communion d’amour, et la famille est son reflet vivant. » Le Dieu auquel croient les chrétiens, dans son mystère le plus intime, est une famille, « puisqu’il porte en lui-même la paternité, la filiation et l’essence de la famille qu’est l’amour. »
 
Il faut admirer le couple humain dans son visage lumineux. Pensons à la relation directe – les yeux dans les yeux –, à cette rencontre avec « un visage, un “tu” qui reflète l’amour divin. » C’est ce qu’exprime admirablement la femme du Cantique des Cantiques dans une merveilleuse profession d’amour et de don réciproque : « Mon bien-aimé est à moi, et moi à lui […]. Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi! » (2, 16; 6, 3).
 
Pensons aussi à la beauté de la procréation et de la famille. Dans la Bible, l’union matrimoniale est évoquée à la fois dans sa dimension sexuelle et corporelle et aussi en tant que don volontaire d’amour : étreinte physique et union des cœurs et des vies. En jaillit la famille, construite de pierres vivantes. « La présence d’enfants est, de toute manière, un signe de plénitude de la famille, dans la continuité de la même histoire du salut, de génération en génération. » (par. 14)
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(4e texte d’une série sur La joie de l’amour)

vendredi 7 juillet 2017

La famille dans la Bible

Comme le note le pape François dans son document sur le couple et la famille (La joie de l’amour), « la Bible abonde en familles, en générations, en histoires d’amour et en crises familiales. » (par. 8) Elle est remplie de méditations, d’instructions, de récits très réalistes, de poésie aussi sur cette double réalité humaine fondamentale.
 
Dès les premières pages de la Bible, on rencontre la famille d’Adam et d’Ève. De page en page, on découvre un cortège ininterrompu d’alliances et de noces, de joies et de peines, de tendresses et de violences, de paix mais aussi de sang, qui caractérise la force de la vie qui continue ainsi son chemin de génération en génération.
 
Dieu crée l’humanité, homme et femme, à son image. Ainsi le couple humain devient co-créateur. Et « la capacité du couple humain à procréer est le chemin par lequel passe l’histoire du salut. » (par. 11)
 
La Parole de Dieu évoque l’union matrimoniale « non seulement dans sa dimension sexuelle et corporelle, mais aussi en tant que don volontaire d’amour. L’objectif de cette union est “de parvenir à être une seule chair”, soit par l’étreinte physique, soit par l’union des cœurs et des vies et, peut-être, à travers l’enfant qui naîtra des deux et portera en lui, en unissant, non seulement génétiquement, mais aussi spirituellement, les deux “chairs”. » (par. 13)
 
La présence d’enfants est interprétée dans la Bible comme un signe de plénitude de la famille. Par eux se tissent des liens entre les générations et s’affirme une ouverture sur l’avenir de la vie.
 
L’Évangile nous rappelle également que les enfants ne sont pas une propriété des parents : ils ont devant eux leur propre chemin de vie. Nous voyons Jésus obéissant à ses parents terrestres, mais aussi prenant ses distances d’eux. À Marie et Joseph qui sont étonnés devant le fait qu’il reste à Jérusalem après le pèlerinage annuel (cf. Lc 2, 51), Jésus affirme que sa vocation personnelle exige une séparation de ses parents. Il a une mission à accomplir hors de sa famille.
 
Dans la Bible, la Parole de Dieu nous aide à percevoir des dimensions profondes et parfois secrètes du mystère du couple et de la famille.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(3e texte d’une série sur La joie de l’amour)

vendredi 30 juin 2017

La famille aujourd’hui

Je rencontre souvent des jeunes qui expriment leur désir de stabiliser leur couple et de fonder une famille. Ces jeunes ne sont ni aveugles ni naïfs. Ils constatent autour d’eux toutes sortes de situations conjugales et familiales. Ils rencontrent des couples épanouis, des familles dynamiques. Ils savent que des couples se séparent. Ils voient dans les médias jusqu’où peut aller la détérioration d’un couple, conduisant même parfois au meurtre.
 
Pourtant, ils osent croire que leur amour sera plus fort que les obstacles qui pourront obstruer son épanouissement. Ils se sentent prêts à y investir leur générosité, leur fidélité, aussi leur patience et une confiance dans le temps pour bâtir un foyer solide et rayonnant.
 
Ils veulent édifier une maisonnée vivante, où l’amour transmet la vie et la vie étend l’amour autour du foyer.
 
Le pape François a donné un texte très puissant sur le couple et la famille. Il l’a coiffé d’un titre très suggestif : La joie de l’amour. Il y offre une bonne nouvelle aux couples et familles en devenir, un encouragement à toutes les familles, un soutien plein de compréhension aux familles qui vivent de grandes difficultés et risquent la décomposition.
 
Il appelle tous les membres de l’Église à soutenir les familles. Et il exhorte tout particulièrement à manifester de la miséricorde aux couples blessés, en mal de soutien, de compréhension et de guérison.
 
Ce texte est d’une telle richesse qu’il faut le lire lentement. Aussi, dans les prochains documents de mon blogue, j’en soulignerai quelques aspects, espérant ainsi permettre à beaucoup d’accéder à ce précieux document.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(2e texte d’une série sur La joie de l’amour)

vendredi 23 juin 2017

L’amour dans la famille

Il y a plus d’un an, le pape François publiait une exhortation adressée à tous les membres de l’Église. Il lui a donné le beau titre : La joie de l’amour. Le pape y présente la bonne nouvelle de l’enseignement biblique et évangélique sur les couples et les familles.

Durant de nombreuses heures, lors de deux synodes mondiaux, le pape François a écouté des évêques provenant des divers pays de la terre raconter la situation du couple et de la famille dans leurs régions respectives. Il a médité le tout en y ajoutant ses propres réflexions et a offert un très stimulant document sur « l’amour dans la famille ».

Recherchant à rejoindre toutes les périphéries de l’Église, le pape a vu qu’il devait mettre en priorité le couple et la famille. Il connaît, par sa longue expérience pastorale, les peines, les difficultés, les échecs de tant de couples et familles. Mais il voit surtout le beau qui s’y vit, humblement, au jour le jour. Là se construit au ras du quotidien l’humanité avec ses richesses variées. Là se transmet la vie, se forment des hommes et des femmes qui sauront porter à leur génération des valeurs, de l’amour, de l’espérance. Le pape dit clairement deux objectifs de son texte. C’est « une proposition aux familles chrétiennes, qui les stimule à valoriser les dons du mariage et de la famille, et à garder un amour fort et nourri de valeurs, telles que la générosité, l’engagement, la fidélité ou la patience. » C’est donc un texte très positif, qui vise à reconnaitre la beauté et la nécessité des couples et des familles dans notre monde d’aujourd’hui.

Par ailleurs, le pape dit clairement dans ce texte sa propre attitude devant les couples et les familles en difficulté. Il y « vise à encourager chacun à être un signe de miséricorde et de proximité là où la vie familiale ne se réalise pas parfaitement ou ne se déroule pas dans la paix et la joie. »

Ce texte papal est un don généreux du chef de l’Église catholique aux couples et aux familles. Mais il est capable d’éclairer et de stimuler toute personne de bonne volonté qui porte dans son cœur l’amour de la vie, de la solidarité, de la communion entre les groupes humains et les peuples.

† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

(1er texte d’une série sur La joie de l’amour)