vendredi 1 mai 2015

Œcuménisme par le sang

« Que les victimes soient catholiques, coptes, orthodoxes ou protestants, ne fait aucune différence. Leur sang est le même sang dans leur confession au Christ! Le sang de nos frères et de nos sœurs  chrétiens est un témoignage qui crie pour être entendu par tous ceux qui savent encore faire la distinction entre le bien et le mal. » C’est là une affirmation très émouvante du pape François.
 
Se multiplient le nombre de personnes qui sont tuées « au seul motif qu’ils sont des disciples de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. » Et le pape en appelle dramatiquement aux responsables des nations : « Ce cri doit être entendu surtout par ceux qui tiennent le destin des peuples entre leurs mains. »
 
Prions pour que ces cris soient entendus!
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

vendredi 24 avril 2015

Tu dis : miséricorde?

Nous entendons souvent ce mot en ces jours où le pape François a décrété une année sainte de la miséricorde. C’est un mot qui provoque des réactions contrastées : de l’enthousiasme au rejet. Mais que signifie en fait ce mot?
 
J’ai trouvé un texte qui apporte quelque lumière sur cette question. Je me contente de le citer et de l’offrir ainsi à notre réflexion. Le voici :
 
« Le mot "miséricorde" désigne, en hébreu, le cœur profond, les "entrailles" qui frémissent sous le coup de la douleur et de la peine. Quel père ou mère n'a ressenti cela en sachant son enfant malade, perdu ? La miséricorde apparaît donc comme l'attachement profond d'un être pour un autre et particulièrement de Dieu pour l'homme. Dans notre vie, Dieu souffre avec nous, il est bouleversé par nos malheurs, nos souffrances et notre condition d'homme pécheur. »
 
« Dans un grand mouvement d'amour pour nous, il nous manifeste sa tendresse, nous aide concrètement dans nos vies, nous témoigne sa "miséricorde", nous pardonne nos manquements, nos faiblesses, nous envoie son Fils. Dans le Nouveau Testament, Jésus nous invite à faire de même envers nos frères : "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux". (Mt 5,48)
 
C'est l'une des conditions de la vie éternelle. »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

samedi 18 avril 2015

Pourquoi ce jubilé?

Le pape François a surpris en annonçant un jubilé sur la miséricorde. Aussi a-t-il senti le besoin d’en expliquer le pourquoi. Il le fit dans son homélie du 11 avril 2015.
 
« Pourquoi, aujourd’hui, un Jubilé de la Miséricorde ? Simplement parce que l’Église, en ce moment de grands changements d’époque, est appelée à offrir plus fortement les signes de la présence et de la proximité de Dieu. Ce n’est pas le temps pour la distraction, mais au contraire pour rester vigilants et réveiller en nous la capacité de regarder l’essentiel. C’est le temps pour l’Église de retrouver le sens de la mission que le Seigneur lui a confiée le jour de Pâques : être signe et instrument de la miséricorde du Père (cf. Jn 20, 21-23). »
 
« C’est pour cela que l’Année Sainte devra maintenir vivant le désir de savoir accueillir les nombreux signes de la tendresse que Dieu offre au monde entier et surtout à tous ceux qui sont dans la souffrance, qui sont seuls et abandonnés, et aussi sans espérance d’être pardonnés et de se sentir aimés du Père. Une Année Sainte pour éprouver fortement en nous la joie d’avoir été retrouvés par Jésus, qui comme Bon Pasteur est venu nous chercher parce que nous nous étions perdus. Un Jubilé pour percevoir la chaleur de son amour quand il nous charge sur ses épaules pour nous ramener à la maison du Père. Une Année pour être touchés par le Seigneur Jésus et transformés par sa miséricorde, pour devenir nous aussi témoins de miséricorde. Voilà le motif du Jubilé : parce que c’est le temps de la miséricorde. C’est le temps favorable pour soigner les blessures, pour ne pas nous lasser de rencontrer tous ceux qui attendent de voir et de toucher de la main les signes de la proximité de Dieu, pour offrir à tous, à tous, le chemin du pardon et de la réconciliation. »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

vendredi 10 avril 2015

Prendre soin de la terre


Nous avons récemment changé de saison. Elles se succèdent dans nos vies : printemps, été, automne, hiver. Et chacune de nos saisons apportent différentes interventions entre nous et notre environnement naturel.
 
Quelle que soit la saison, nous marchons sur notre terre, nous en mangeons les fruits, nous en profitons pour nous recréer en utilisant les possibilités offertes par la neige ou par l’eau, le soleil, le vent.
 
Mais pensons-nous suffisamment à avoir un soin jaloux de ce bien si précieux donné à toute l’humanité. La création n'est pas notre propriété, elle ne peut être exploitée sans mesure. La nature est un don de Dieu qu'il nous faut soigner et utiliser avec respect et au profit de tous.
 
Dès les premiers instants de son service comme évêque de Rome, François nous interpelait sur ce sujet : « Je voudrais demander, s’il vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté : nous sommes gardiens de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement ; ne permettons pas que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde ! »
 
Le pape a répété de multiples fois un tel appel. Le 15 janvier, il a confirmé la publication d’un document fondamental sur le sujet. Ça devrait sortir en août, avant la conférence intergouvernementale sur le climat prévue à la fin de cette année à Paris.
 
Donc à suivre !
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

vendredi 3 avril 2015

Par-delà le mur?

Nous marchons tous, à petits pas ou à grande vitesse selon chacun, vers un mur inévitable : la mort! Sans doute à cause d’habitudes mentales ou bien par légèreté, nous ne pesons pas la gravité, le sérieux de cet obstacle devant nous. Comment se fait-il qu’on ne se demande pas plus sérieusement : y a-t-il quelque chose ou rien derrière ce mur?
 
Comment savoir? « Est-ce que les morts sont morts? » Ou encore : « Où serais-je quand je ne serai plus? » Je pense aux affirmations de Miguel de Unamuno voulant que je ne puisse être certain ni que mon anéantissement sera définitif et irrévocable, ni que je me prolongerai dans telles ou telles conditions! Dans quelque recoin de notre cœur, il reste toujours « une ombre, une ombre vague, l’ombre d’une ombre d’incertitude ». Il y a une mouche qui bourdonne à l’oreille de notre cœur : « Non, rien! » Puis elle se reprend : « Mais il doit bien y avoir quelque chose! »
 
Vivre toujours, même devenir des dieux : voilà la soif insatiable de notre être! Un homme, fils de Dieu, qui a vécu dans notre chair et notre histoire, nous a parlé de cette soif : Jésus. « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela? » (Évangile de Jean 11, 25-26) Il est passé par la mort affreuse sur la croix, le rejet, le mépris. Mais il a vaincu la mort, est ressuscité et continue à montrer aux yeux de notre cœur ses plaies victorieuses et glorieuses.
 
Je ne le sais pas, je crois à la vie éternelle par-delà le mur de la mort. Je crois pour un jour savoir par expérience les nouveautés de cette vie éternelle déjà en germe en moi par le baptême.
 
Joyeuse fête de Pâques!
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

dimanche 29 mars 2015

Sortir de l’indifférence

C’est l’interpellation du pape François: sortir de la mondialisation de l’indifférence. Cette attitude est tellement répandue que cet appel à en sortir ne vaut pas que pour le carême 2015. Il importe d’y confronter toute notre vie.
 
Cette attitude égoïsme qu’est l’indifférence prend vraiment une place étonnante dans nos vies. On peut en percevoir diverses causes. Nous allons relativement bien, alors nous n’avons pas à nous ouvrir aux autres! Oui,  nous sommes informés des drames humains qui gangrènent comme un cancer l’humanité. Mais ces nouvelles nous arrivent à travers un écran. Alors tout cela est lointain et puis on s’y sent impuissant!
 
Pour dépasser ces attitudes de fermeture satisfaite sur soi et sur les siens, il faut développer l’amour en nos cœurs. Seul l’amour qui se donne permet de sortir d’une indifférence mortelle pour notre vie chrétienne. Seul l’amour peut nous amener à vivre intensément notre mission d’enfants de Dieu dans le monde.
 
« L’Église suit Jésus Christ sur la route qui la conduit vers tout homme, jusqu’aux confins de la terre (cf. Ac 1,8). Nous pouvons ainsi voir dans notre prochain le frère et la sœur pour lesquels le Christ est mort et ressuscité. Tout ce que nous avons reçu, nous l’avons reçu aussi pour eux. » 
 
Le pape François ajoute : « Je désire tant que les lieux où se manifeste l’Église, en particulier nos paroisses et nos communautés, deviennent des îles de miséricorde au milieu de la mer de l’indifférence ! » Quel geste, si petit soit-il, puis-je poser pour que ce souhait se concrétise dans ma vie?
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

dimanche 22 mars 2015

La tour de Babel

Le pape François citait récemment un enseignement au sujet de la tour de Babel. « Pour fabriquer cette tour, il fallait fournir un grand effort; il fallait fabriquer des briques, et pour fabriquer les briques il fallait faire de la boue et apporter de la paille, et mélanger la boue avec la paille, la couper ensuite en carrés, puis la faire sécher, puis la cuire, et quand les briques étaient cuites et refroidies, les apporter pour construire la tour. »
 
« Si une brique tombait — ce travail avait tellement coûté —, cela devenait presque une tragédie nationale. Celui qui l’avait laissée tomber était puni ou chassé, je ne sais pas bien ce qu’on lui faisait, mais en revanche si un ouvrier tombait, il ne se passait rien. Cela arrive quand la personne est placée au service du dieu argent ; et c’est un rabbin juif qui le racontait en 1200, en expliquant ces choses horribles. »
 
Et chez nous aujourd’hui ? Une petite variation à la bourse trouve tout de suite son écho angoissé ou enthousiaste dans les médias alors qu’un sans-abri qui meurt de froid passe presque inaperçu ! Voilà qui invite à réfléchir sur la situation actuelle de notre planète ! Et que faire pour changer un peu ces façons de faire ici et dans les pays pauvres ?
 
C’est ce à quoi travaillent de nombreux organismes populaires, dont Développement et Paix. Les soutenir est une façon de nous solidariser contre de telles situations.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau