vendredi 23 juin 2017

L’amour dans la famille

Il y a plus d’un an, le pape François publiait une exhortation adressée à tous les membres de l’Église. Il lui a donné le beau titre : La joie de l’amour. Le pape y présente la bonne nouvelle de l’enseignement biblique et évangélique sur les couples et les familles.

Durant de nombreuses heures, lors de deux synodes mondiaux, le pape François a écouté des évêques provenant des divers pays de la terre raconter la situation du couple et de la famille dans leurs régions respectives. Il a médité le tout en y ajoutant ses propres réflexions et a offert un très stimulant document sur « l’amour dans la famille ».

Recherchant à rejoindre toutes les périphéries de l’Église, le pape a vu qu’il devait mettre en priorité le couple et la famille. Il connaît, par sa longue expérience pastorale, les peines, les difficultés, les échecs de tant de couples et familles. Mais il voit surtout le beau qui s’y vit, humblement, au jour le jour. Là se construit au ras du quotidien l’humanité avec ses richesses variées. Là se transmet la vie, se forment des hommes et des femmes qui sauront porter à leur génération des valeurs, de l’amour, de l’espérance. Le pape dit clairement deux objectifs de son texte. C’est « une proposition aux familles chrétiennes, qui les stimule à valoriser les dons du mariage et de la famille, et à garder un amour fort et nourri de valeurs, telles que la générosité, l’engagement, la fidélité ou la patience. » C’est donc un texte très positif, qui vise à reconnaitre la beauté et la nécessité des couples et des familles dans notre monde d’aujourd’hui.

Par ailleurs, le pape dit clairement dans ce texte sa propre attitude devant les couples et les familles en difficulté. Il y « vise à encourager chacun à être un signe de miséricorde et de proximité là où la vie familiale ne se réalise pas parfaitement ou ne se déroule pas dans la paix et la joie. »

Ce texte papal est un don généreux du chef de l’Église catholique aux couples et aux familles. Mais il est capable d’éclairer et de stimuler toute personne de bonne volonté qui porte dans son cœur l’amour de la vie, de la solidarité, de la communion entre les groupes humains et les peuples.

† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

(1er texte d’une série sur La joie de l’amour)

dimanche 18 juin 2017

L’Esprit décloisonne

Dieu le Père a voulu, dans un amour miséricordieux qui nous déconcerte, que par l’incarnation son Fils éternel soit cloisonné dans cet homme juif : Jésus. Durant sa vie cachée, Jésus a été cloisonné dans un minuscule bourg : Nazareth. Puis, durant sa vie publique, il a été cloisonné dans ce petit pays qu’était la Palestine sous la férule de l’Empire romain. Sans autre moyen de communication que ses pieds et sa bouche, sans auto, ni micro, radio ou internet, Jésus a été cloisonné dans les limitations humaines d’espace et de temps de son époque. « Mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit » (1 Pierre 3, 18), Jésus est décloisonné. Grâce à l’œuvre de l’Esprit le ressuscitant, il vient maintenant vers celles et ceux qui croient en lui, à toute heure ou année ou siècle, et partout dans le monde. Il est vivant, présent, actif aujourd’hui.
 
À ses débuts, l’Église était cloisonnée à Jérusalem. Par le moyen déconcertant d’une violente persécution, l’Esprit l’a décloisonnée, dispersant les disciples. Ainsi, Philippe fuit jusque dans une ville de Samarie, ce petit peuple humilié par les Juifs, méprisé comme hérétiques. Décloisonné de sa peur et des limites de Jérusalem, Philippe y proclame hardiment que Jésus est bien le Messie attendu, le Christ. Les foules ont cru en cette Parole. « Et il y eut dans cette ville une grande joie. » (Actes des Apôtres 8, 8) Joie qui est le fruit de l’Esprit accomplissant l’œuvre que lui confie le Père et le Fils! Alors, l’Église-Mère, Jérusalem, envoie Pierre et Jean confirmer par un signe ecclésial cette œuvre de l’Esprit travaillant les cœurs de ces Samaritains. Ils « leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint. »
 
Que fait maintenant l’Esprit pour nous qui sommes cloisonnés dans notre « moi » fermé, égoïste, apeuré, méprisant les autres et posant partout des clôtures pour se protéger dans une supposée sécurité? Le Père, répondant à la prière de Jésus ressuscité, nous donne l’Esprit pour qu’il nous décloisonne. Il est le consolateur, le défenseur, l’avocat, celui qui nous conduit à notre identité chrétienne qui est d’être aimé par le Père et de nous aimer les uns les autres. Cet Esprit demeure auprès de nous comme un ami fidèle; il est en nous comme l’âme de notre vie chrétienne; il est toujours avec nous et nous ouvre au Père et aux autres (voir Jean 14, 15-21).
 
Viens, Esprit Saint!
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

dimanche 11 juin 2017

Les dons du Christ ressuscité aux humains

Monté au ciel, Jésus ressuscité donne l’Esprit promis et comble les croyants d’une grande diversité de grâces, dons et charismes, qu’il importe de mettre en œuvre dans la vie chrétienne. « Mettez-vous, chacun selon le don qu'il a reçu, au service les uns des autres, comme de bons administrateurs de la grâce de Dieu, variée en ses effets. » (1 P 4, 10-11)
 
« Il y a diversité de dons de la grâce, mais c'est le même Esprit […] À chacun est donnée la manifestation de l'Esprit en vue du bien de tous. À l'un, par l'Esprit, est donné un message de sagesse, à l'autre, un message de connaissance, selon le même Esprit; à l'un, dans le même Esprit, c'est la foi; à un autre, dans l'unique Esprit, ce sont des dons de guérison; à tel autre, d'opérer des miracles, à tel autre, de prophétiser, à tel autre, de discerner les esprits, à tel autre encore, de parler en langues; enfin à tel autre, de les interpréter. Mais tout cela, c'est l'unique et même Esprit qui le met en œuvre, accordant à chacun des dons personnels divers, comme il veut. » (1 Co 12, 4-11)
 
Le concile Vatican II a abondamment repris ces enseignements.
 
Très grande diversité de ces dons : « Cette Église qu’il [l’Esprit Saint] introduit dans la vérité tout entière (cf. Jn 16, 13), et à laquelle il assure l’unité de la communauté et du ministère, il la bâtit et la dirige grâce à la diversité des dons hiérarchiques et charismatiques, il l’orne de ses fruits (cf. Ep 4, 11-12; 1 Co 12, 4; Ga 5, 22). » (L.G.4)
 
Bénéficiaires des charismes : À tous les chrétiens incombe la tâche de travailler pour faire connaître et accepter le message évangélique. « Pour l’exercice de cet apostolat, le Saint-Esprit qui sanctifie le Peuple de Dieu par les sacrements et le ministère accorde en outre aux fidèles des dons particuliers (cf. 1 Co 12, 7), les “répartissant à chacun comme il l’entend” (cf. 1 Co 12, 11) pour que tous et “chacun selon la grâce reçue se mettant au service des autres” soient eux-mêmes “comme de bons intendants de la grâce multiforme de Dieu” (1 P 4, 10), en vue de l’édification du Corps tout entier dans la charité (cf. Ep 4, 16). » (AM 3)
 
Responsabilités qui en découle : « De la réception de ces charismes, même les plus simples, résulte pour chacun des croyants le droit et le devoir d’exercer ces dons dans l’Église et dans le monde, pour le bien des hommes et l’édification de l’Église, dans la liberté du Saint-Esprit qui “souffle où il veut” (Jn 3, 8), de même qu’en communion avec ses frères dans le Christ et très particulièrement avec ses pasteurs. » (Ap.3)
 
Ces quelques rappels sont autant d’appels à vérifier ce que nous faisons des charismes dont l’Esprit nous comble et comment nous respectons et apprécions les charismes que l’Esprit distribue abondamment à tous, mais dans une très riche variété.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

mercredi 7 juin 2017

Que fait au ciel Jésus ressuscité?

Jésus y vit en communion avec le Père dans l’Esprit Saint. Échanges d’amour qui dépassent ce que nous pouvons imaginer. C’est là le mystère de l’intense et ineffable vie divine : Dieu est amour, éternelle relation d’amour des trois personnes divines!
 
Mais qu’y fait Jésus pour nous? Il y poursuit sa mission de donner la vie éternelle à tous ceux qui croient en lui. Il actualise dans le temps et l’espace l’œuvre qu’il a menée à son plein accomplissement sur la croix, mais qui doit maintenant rejoindre l’humanité dans toutes ses dimensions. C’est l’œuvre de révélation du Père et de salut pour les croyants devenus enfants de Dieu. En somme, Jésus ressuscité continue son œuvre de nous sanctifier et de nous envoyer en mission par l’action de l’Esprit Saint qu’il donne sans mesure.
 
L’Église s’adresse au Père dans sa liturgie eucharistique : « Tu as tellement aimé le monde, Père très saint, que tu nous as envoyé ton propre Fils, lorsque les temps furent accomplis pour qu’il soit notre sauveur. » Conçu de l’Esprit Saint, il est passé en annonçant aux pauvres la bonne nouvelle du salut. Puis, pour accomplir le dessein d’amour du Père, il s’est livré librement à la mort et fut ressuscité par l’Esprit. Monté chez le Père, « il a envoyé d’auprès de toi [le Père], comme premier don fait aux croyants, l’Esprit qui poursuit son œuvre dans le monde et achève toute sanctification. » (Prière eucharistique IV)
 
C’était bien là la promesse faite par Jésus ressuscité : « C'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici quelques jours. » Et il ajoutait : « Vous allez recevoir une puissance, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. » (Actes des Apôtres 1, 8)
 
Jésus ressuscité, par le don sans mesure de l’Esprit, fait naître l’Église au cœur des divers peuples et cultures. Et il accompagne sans cesse cette Église née de la foi et du baptême dans sa constante croissance, et celle de ses membres jusqu’à leur pleine maturité dans la foi, dans l’espérance, dans l’amour et dans le témoignage.
 
Il resterait de longues méditations à développer pour discerner l’action actuelle de Jésus par le don de l’Esprit dans la foi, dans la proclamation de la Parole, dans chacun des sacrements, dans une multitude de charismes distribués en abondance, dans le rappel constant des Paroles de Jésus, dans la défense des chrétiens accusés et condamnés comme Jésus le fut.
 
Seul l’Esprit pour nous conduire à prospecter sans arrêt cette mine inépuisable qu’est l’œuvre de Jésus ressuscité continuant à agir avec puissance, douceur et miséricorde dans notre monde, dans nos propres vies, dans notre Église. Il faut souvent l’en prier!
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

jeudi 1 juin 2017

Pentecôte

Que s’est-il passé lors de la Pentecôte (Actes des Apôtres 2,1-41)? C’était l’une des trois grandes fêtes annuelles de la religion juive, cinquante jours après la fête de Pâque. En ce qui concerne Jésus, mort la veille de la Pâque juive, il est ressuscité le lendemain de cette fête. Mais ce n’est pas encore connu, sauf par les disciples qui en ont été bouleversés. Et durant ces cinquante jours, ils ont attendu la promesse d’un don provenant de Jésus ressuscité.
 
Ce don est livré durant cette Pentecôte. Tous les apôtres, réunis avec Marie, d’autres femmes et des disciples pour prier, « furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. » La Pentecôte est l’effet de la résurrection de Jésus. Il avait promis l’Esprit et il le donne.
 

L’Esprit donné par Jésus ressuscité est au début, au cœur et au couronnement de toute vie chrétienne.
 
C’est lui qui fait sortir les disciples de leurs peurs, de leurs enfermements.
 
C’est lui qui remplit leurs cœurs de lumière, de ferveur, d’audace.
 
C’est lui qui défait et annule le drame de Babel (Genèse 11,1-10), cette tentative d’unification de l’humanité dans l’uniformité d’une seule langue pour tous les peuples. L’Esprit donné par Jésus ressuscité suscite l’unification de l’humanité par la valorisation des diverses langues de la terre, avec ce qu’elles représentent : talents, cultures, traditions, qui sont autant de richesses à mettre au service des autres dans la même communauté fraternelle.
 
C’est lui qui pousse les disciples sur les places publiques pour y actualiser l’antique prophétie : « Je répandrai mon Esprit sur toute créature : vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos anciens auront des songes. Même sur mes serviteurs et sur mes servantes, je répandrai mon Esprit en ces jours-là, et ils prophétiseront. » (Joël 3, 1-5) À tous est offerte la capacité de prophétiser l’amour de Dieu en œuvre au cœur du monde.
 
C’est lui qui accomplit l’Alliance nouvelle dans laquelle toutes les nations de la terre sont convoquées afin de vivre dans la paix, la fraternité, la solidarité, l’amour.
 
C’est lui qui aujourd’hui accomplit les mêmes œuvres en nous pour que nous puissions accueillir le don de la foi, devenir véritablement enfants de Dieu, participant à sa divinité (en sommes : des dieux). Par cette force qui nous est donnée, nous pouvons et devons proclamer à notre génération : « Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité; nous tous, nous en sommes témoins. Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis, et il l’a répandu sur nous, ainsi que vous le voyez et l’entendez. »
 
Puissent nos actes et nos paroles jaillir vraiment de cette source intime en nous qu’Esprit pour que les gens autour de nous perçoivent quelque chose de cet infini mystère que l’amour miséricordieux de Dieu notre Père.
 
Nous entrons dans ce que la liturgie nomme : « Le temps ordinaire ». C’est dans ce temps, de la vie quotidienne, que nous sommes appelés à témoigner de ce Don qu’est Jésus ressuscité nous comblant de son Esprit.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

lundi 29 mai 2017

L’Esprit animateur de notre vie d’enfant de Dieu

Il ne suffit pas de naître enfant de Dieu, par l’œuvre de l’Esprit. Il faut croître dans cette vie qui nous est donnée, mais aussi confiée. Nous ne sommes pas seuls pour travailler à ce que cette vie divine reçue au baptême se développe, s’épanouisse, donne de bons fruits dans notre monde, pour la gloire du Père. Jésus nous l’a promis : « Moi, je prierai le Père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours. C'est lui l'Esprit de vérité, celui que le monde est incapable d'accueillir parce qu'il ne le voit pas et qu'il ne le connaît pas. Vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous et il est en vous. » (Jean 14, 15-18) L’Esprit reçu au baptême vit en nous pour nous conduire à la maturité de notre vie chrétienne et apostolique, et à la sainteté.
 
Jésus nomme cet Esprit : un Paraclet. Il est celui qui répond à nos cris de détresse, d’angoisse, désarroi. Il vient nous consoler dans nos épreuves et nos larmes. Il se fait notre défenseur contre les ennemis qui veulent détruire notre vie d’enfant de Dieu. Il est notre avocat.
 
Jésus le nomme aussi : Esprit-Saint. Car c’est lui qui nous conduit à une sainteté de vie et à un témoignage sanctifiant, si nous lui sommes fidèles. Car Lui-même étant Saint, il est le sanctificateur au ras de nos vies quotidiennes par sa présence dynamique dans la Parole, dans les sacrements, dans l’Église, et aussi par une multitude d’autres chemins que chacun doit reconnaître pour y être docile et marcher vers sa maturité chrétienne.
 
Jésus nomme encore cet Esprit : l’Esprit de vérité. Sans lui, nous ne pouvons pas connaître le véritable Dieu : notre Père. Sans lui, la Parole de Dieu notre Père est morte pour nous. Sans lui, les sacrements ne sont pas des sources jaillissantes en nous, mais des rites extérieurs et souvent vides de sens.
 
Jésus explique à ses disciples désemparés : « C'est l'Esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. » (Jean 6, 63) Puissions-nous répondre à Jésus comme l’a fait Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous? Tu as des paroles de vie éternelle. Et nous, nous avons cru et nous avons connu que tu es le Saint de Dieu. »  C’est l’Esprit qui nous rappelle les Paroles de Jésus et nous conduit à toujours mieux les comprendre dans la prière et la méditation. Alors, ces Paroles deviennent en nous « esprit et vie », vitalité chrétienne sans cesse renouvelée, comme une source jaillissant du fond de notre cœur.
 
Il faut chercher à toujours mieux connaître cet Esprit. Je vous invite à lire mon livre intitulé : Devenir enfant de Dieu. Il vous offrira des précisions sur les rôles si vitaux de l’Esprit dans notre vie spirituelle quotidienne et dans notre témoignage en faveur de Jésus ressuscité.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

samedi 20 mai 2017

L’Esprit qui donne la vie

La communauté chrétienne rassemblée atteste sa foi en disant : « Je crois en l’Esprit-Saint qui est Seigneur et qui donne la vie. » Que signifions-nous quand nous faisons cette proclamation de notre foi? Nous reconnaissons que l’Esprit-Saint est à l’origine d’une nouvelle naissance : celle des enfants de Dieu recevant une vie spirituelle et éternelle de leur Père par Jésus ressuscité et par son Esprit. Comment le savons-nous? C’est saint Jean qui nous l’apprend.
 
Jésus déclare à Nicodème (Jean 3, 1-17), un maître et un notable dans son peuple : « En vérité, en vérité, je te le dis : à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. » Nicodème est estomaqué! « Comment un homme pourrait-il naître s'il est vieux? Pourrait-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître? » Jésus insiste et précise : « En vérité, en vérité, je te le dis : nul, s'il ne naît d'eau et d'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. » Certes, l’Esprit est bien mystérieux. Comme le vent, nous ne savons pas d’où il vient ni où il va. Mais nous expérimentons ses effets : il donne la vie éternelle. Et il le fait par le lien vital qu’il crée entre le croyant et Jésus qui, du haut de la croix, a livré son Souffle (Esprit) à ceux qui croient (Jean 19, 30. 34). En somme, cette œuvre de l‘Esprit est en même temps l’œuvre du Fils mort et ressuscité et en dernier essor l’œuvre du Père qui est source de toute vie. Dieu a tant aimé le monde! Il a voulu faire de ceux qui croient en Jésus ses propres enfants, membres de sa famille divine. Voilà ce que font la foi et le baptême, par l’Esprit de Jésus.
 
Le sacrement du baptême est le moyen voulu par le Père pour que Jésus ressuscité donne son Esprit qui est vie éternelle à celles et ceux qui croient.
 
Suis-je conscient de cet immense cadeau? J’ai développé ces réalités dans mon livre intitulé : Devenir enfant de Dieu. Je vous invite à le lire, à méditer les pages qui vous rejoignent le plus, qui parlent à votre cœur et vous révèlent l’étonnant mystère que vous portez au fond de vous : un cœur neuf, le cœur d’un enfant de Dieu qui se fait follement chéri par le Père, cœur qui est habité par l’Esprit de Jésus ressuscité y apportant la vie divine en abondance.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau