jeudi 17 août 2017

Jésus et sa famille

Le pape François nous présente dans La joie de l’amour (par. 65-66) une belle synthèse de Jésus et sa famille. Il nous invite à accompagner Jésus sur son chemin de vie depuis son incarnation en Marie et durant sa vie à Nazareth. Il est bon de lire lentement ce texte.
 
« L’incarnation du Verbe dans une famille humaine, à Nazareth, touche par sa nouveauté l’histoire du monde. Nous avons besoin de plonger dans le mystère de la naissance de Jésus, dans le oui de Marie à l’annonce de l’ange, lorsque la Parole a été conçue dans son sein; également dans le oui de Joseph, qui a donné à Jésus son nom et a pris en charge Marie; dans la fête des bergers près de la crèche; dans l’adoration des Mages; dans la fuite en Égypte à travers laquelle Jésus participe à la douleur de son peuple exilé, persécuté et humilié; dans l’attente religieuse de Zacharie et dans la joie qui accompagne la naissance de Jean le Baptiste; dans la promesse accomplie pour Siméon et Anne au temple; dans l’admiration des docteurs écoutant la sagesse de Jésus adolescent. Et ensuite, pénétrer les trente longues années où Jésus gagnait son pain en travaillant de ses mains, en murmurant la prière et la tradition croyante de son peuple et en étant éduqué dans la foi de ses parents, jusqu’à la faire fructifier dans le mystère du Royaume. C’est cela le mystère de la Nativité et le secret de Nazareth, plein de parfum familial! C’est le mystère, qui a tant fasciné François d’Assise, Thérèse de l’Enfant-Jésus et Charles de Foucauld, où se désaltèrent aussi les familles chrétiennes pour renouveler leur espérance et leur joie. »
 
« L’alliance d’amour et de fidélité, dont vit la Sainte Famille de Nazareth, illumine le principe qui donne forme à toute famille et la rend capable de mieux affronter les vicissitudes de la vie et de l’histoire. Sur cette base, toute famille, malgré sa faiblesse, peut devenir une lumière dans l’obscurité du monde. » Puis est ajoutée une belle citation de Paul VI : « Que Nazareth nous enseigne ce qu’est la famille, sa communion d’amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable; apprenons de Nazareth comment la formation qu’on y reçoit est douce et irremplaçable; apprenons quel est son rôle primordial sur le plan social » (Discours prononcé à Nazareth, 5janvier 1964
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(7e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 12 août 2017

Célébration de la nativité de saint Jean Baptiste et fête nationale des Québécoises et Québécois

Frères et sœurs.

Le 12 octobre 2011 au matin, un ami est venu à mon appartement pour m’offrir une icône de saint Jean-Baptiste. J’en fus ému. Mon ami ne savait pas que ce jour-là était le premier de ma retraite. Par lui, Jean-Baptiste venait m’indiquer le chemin. Comme il l’a fait il y a 2000 ans pour ses premiers disciples, il a pour moi pointé du doigt Jésus et m’a dit : « Suis-le ». Depuis, l’icône de Jean-Baptiste est fixée au-dessus de mon ordinateur!

Les hommes et les femmes qui ont quitté la France pour la terre d’Amérique ont apporté la dévotion à saint Jean Baptiste dans leurs bagages humains et spirituels.

Dès 1606, des colons français se dirigeant vers l’Acadie firent escale le 24 juin à Terre-Neuve pour y célébrer la messe. Le « Monument de la Foi », érigé sur la Place d’Armes de la ville de Québec, rappelle la première messe sur l’ile de Montréal, le 24 juin 1615. Dès 1636, notent les Relations de Jésuites, nos ancêtres célébraient avec enthousiasme et des deux côtés du fleuve la Saint-Jean, avec messes solennelles et feux de joie.

Champlain, inspiré par les valeurs de l’Évangile, a rêvé d’une civilisation où l’on vivrait, Français et Autochtones, dans le respect de l’autre, l’enrichissement mutuel et la paix. Maisonneuve, plantant la croix sur la montagne, donna à Montréal un héritage semblable. Marie de l’Incarnation, Catherine de St-Augustin, Marguerite Bourgeoys, Jeanne Mance ont fondé écoles, hôpitaux, refuges aussi bien pour les Autochtones que pour les Français. Ces personnes et tant d’autres ont inscrit l’Évangile et ses valeurs dans l’ADN de notre nation.

400 ans plus tard, saint Jean Baptiste veut et peut toujours orienter notre cœur et notre discernement vers les valeurs fondamentales pour notre avenir ensemble.

Jean-Baptiste fut l’enfant d’un peuple en panne d’espérance et en mal de raisons de vivre. Il continue aujourd’hui sa mission qui consiste à nous indiquer où puiser le courage de bâtir une société plus juste, plus solidaire, capable de poser des gestes de réconciliation. Cette célébration est une invitation à retrouver nos raisons de vivre dans le cœur d’un Dieu fait homme qui, toujours, aime, accueille, pardonne, ouvre l’avenir. C’est une vaccination contre la résignation passive, la fuite dans les distractions.

Jean-Baptiste fut l’enfant de la rencontre. Alors que Marie, enceinte de Jésus, saluait Élisabeth, il dansa de joie dans le sein de sa mère. Cette célébration nous invite à la joie de la rencontre de l’autre : le réfugié, celui qui tend la main pour quelques sous et surtout pour un accueil, un sourire. C‘est la joie de la fraternité universelle voulue par Dieu et toujours à bâtir.

Jean-Baptiste fut l’homme du désert. Sa pauvreté volontaire interpelle notre mode de vie, notre style de consommation et de gaspillage, les blessures irréparables que nous imposons à la nature.

Jean-Baptiste fut le prophète à la parole dérangeante. À tous, il dit : « Si quelqu'un a de quoi manger, qu'il partage avec celui qui n'en a pas. » Aux détenteurs de pouvoir et de la force, il dit : « Ne faites ni violence ni tort à personne. » Aux brasseurs d’affaires et d’argent il dit : « N'exigez rien de plus que ce qui vous a été fixé. » (Lc 3, 11-14) Notre célébration répercute l’appel de Jean-Baptiste à la justice, à la sensibilité envers l’autre, à la générosité du cœur. La fidélité à notre héritage culturel et spirituel appelle un supplément d’âme, un sursaut de solidarité. Cette fête entretient le goût de bâtir une société marquée par une attention aux marginalisés, aux blessés par la vie et par la société.

Nous célébrons la naissance de Jean-Baptiste dans une famille humble, mais bien enracinée dans la parenté et en bonnes relations avec les voisins. Plus tard, sa mission sera de ramener « le cœur des parents vers leurs enfants, celui des enfants vers leurs parents. » Le couple et la famille sont les bases essentielles de la société et de l’Église. Y sont précieuses les relations de tendresse, de soutien, de consolation entre les grands-parents et les petits-enfants. Et notre société vieillissante appelle un surcroît d’attention des enfants envers leurs vieux parents qui risquent de se retrouver dans la solitude d’un appartement, où ils ont la sécurité, mais peuvent manquer de tendresse et de réconfort de la part des leurs.

Jean-Baptiste fut le témoin d’un Dieu qui aime et qui se souvient. La plaque d’immatriculation de mon auto affiche : « Je me souviens ». Que cette célébration de saint Jean-Baptiste et de notre fête nationale nous rappelle d’où nous venons, de quelle tendresse nous sommes aimés, quelle tâche est devant nous. Nous sommes appelés à devenir une tranche d’humanité porteuse des valeurs évangéliques d’adoration envers Dieu notre Père, de justice et de bonté envers tout humain, et d’admiration affectueuse et protectrice de la nature.

Que l’Esprit de Jésus ressuscité nous y guide!
Amen.

† Roger Ébacher
Archevêque émérite de Gatineau.

Homélie du 24 juin 2017 à la cathédrale St-Joseph de Gatineau

vendredi 4 août 2017

Le travail nécessaire pour la famille

Le travail est une réalité importante dans la vie d’un couple et d’une famille. Nous savons comment le chômage peut y faire des ravages! C’est cette réalité, constatée dans la vie quotidienne, que reflète la Bible. Le pape François le note dans son texte sur La joie de l’amour (par. 23-26).
 
Le travail est une partie fondamentale de la dignité de la vie humaine. La Bible l’insinue dès ses premières pages. Il y est déclaré que « l'homme a été établi dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder » (Genèse 2, 15). C’est l’image du père qui travaille pour gagner le pain de la famille.
 
Le livre des Proverbes (31, 10-31) nous donne un très beau texte sur « la tâche de la mère de famille, dont le travail est décrit dans ses détails quotidiens, suscitant l’éloge de l’époux et des enfants. » Le pape rappelle que « le travail permet à la fois le développement de la société, l’entretien de la famille ainsi que sa stabilité et sa fécondité. »
 
La Bible montre aussi que le chômage ou le travail précaire deviennent une souffrance pour tout le groupe familial. Nous en voyons un exemple dans le beau livre de Ruth. Au temps de Jésus, le chômage et la pauvreté harcèlent les familles. C’est aussi ce que nous enseigne la parabole des travailleurs assis, dans une oisiveté forcée, sur la place publique et qui attendent que quelqu’un les emploie (Matthieu 20, 1-16).
 
C’est ce que vivent bien des familles dans beaucoup de pays, et aussi certaines familles dans le nôtre. Ce manque de travail crée insécurité et tensions au sein des divers membres : couple et enfants. Aussi, est-ce essentiel de lutter contre les causes du chômage et de soutenir par divers chemins disponibles les familles ainsi affectées.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(6e texte d’une série sur La joie de l’amour)

lundi 31 juillet 2017

Les formes modernes d’esclavage

Les connaissons-nous? Reconnaissons-nous leur gravité, leur capacité d’avilissement des personnes et de corruption de nos sociétés? Savons-nous que ce sont là des crimes contre l’humanité?
 
En voici une courte liste : la traite et le trafic de personnes, les enfants soldats et les nouvelles formes d’esclavage comme le travail forcé, la prostitution, le trafic d’organes, le commerce de la drogue, le crime organisé. Ce sont là de véritables crimes contre l’humanité. Le pape François le rappelait aux juges, leur demandant de lutter avec fermeté et courage contre ces maux, se gardant de se laisser corrompre.
 
Il est aussi important de réfléchir sur les objectifs du développement durable et intégral votés par les 193 pays de l’ONU, visant 2030. On y lit entre autres la cible 8.7 : « Prendre des mesures immédiates et efficaces pour supprimer le travail forcé, mettre fin à l’esclavage moderne et à la traite des êtres humains, interdire et éliminer les pires formes de travail des enfants, y compris le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats et, d’ici à 2025, mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes ».
 
Notre pays s’y est aussi engagé. Est-ce que ça me concerne? Que puis-je faire pour aider à nous sensibiliser à ces questions si douloureuses et actuelles? En parler au député? Échanger avec des gens de ma famille, de mon milieu, mes enfants, à l’école? Ou encore? De tels drames doivent tisonner notre créativité! Comment puis-je œuvrer pour ouvrir de nouveaux chemins à la dignité humaine et à la paix?
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau

samedi 29 juillet 2017

Jésus connaît la souffrance des familles

Les récits évangéliques nous montrent Jésus se faire sans cesse proche des familles, de leurs souffrances, de leurs défis. Le pape François le note dans son texte intitulé : La joie de l’amour (par. 21). On y trouve les références aux divers textes ici commentés).
 
Jésus lui-même naît dans une famille modeste qui bientôt doit fuir vers une terre étrangère. Enfant, il a donc vécu avec Marie et Joseph comme un réfugié en Égypte, avec les souffrances qu’une telle situation inflige à une famille. Puis il a grandi dans un village obscur, avec d’autres enfants d’humbles familles. Un jour, il a mis sa famille en crise en affirmant que sa priorité était de rester dans la demeure de son Père du ciel : parole qui fut bien obscure et troublante pour ses parents. Il a connu la nécessité de gagner la vie de la famille. Il a vécu bien des tensions avec sa parenté proche.
 
Jésus est entré dans la maison de son ami le pêcheur Pierre, où la belle-mère de celui-ci est malade. On y voit sa sollicitude pour aider le couple plongé dans une situation angoissante.
 
Jésus se laisse impliquer dans le drame de la mort dans la maison de Jaïre. Il sent dans son cœur la souffrance de ce père alors que sa jeune fille est mourante. Jésus y va et pose le geste qu’il peut pour refaire cette famille, lui redonner de l’espoir. C’est aussi ce qu’il fait pour Marthe et Marie prises dans le deuil de leur frère Lazare qui vient de mourir. Elles l’appellent et l’attendent avec anxiété. Il se rend dans leur maison. Il les soutient, les console, redonne vie à cette famille.
 
Jésus écoute le cri désespéré d’une veuve du village de Naïn qui porte en terre son fils unique. Il ressent jusque dans le frémissement de ses entrailles le drame de cette famille décimée. Il se fait proche, touche le cercueil, redonne la vie à l’enfant et à sa mère le goût et le courage de continuer à vivre. Jésus, de même, écoute la clameur du père de l’épileptique dans un petit village bien modeste.
 
Jésus rencontre des publicains comme Matthieu ou Zachée dans leurs propres maisons. Il accueille des pécheresses comme la femme qui a fait irruption dans la maison du pharisien. Sans cesse, il va là où un couple, une famille souffre. Il va vers, il accueille, il se fait présent dans les lieux où habitent les gens, où ils vivent leurs joies et leurs souffrances, là où se nouent et se dénouent tant de drames conjugaux, familiaux, humains.
 
Jésus connaît les angoisses et les tensions des familles qu’il introduit dans ses paraboles : des enfants qui abandonnent la maison familiale pour tenter une aventure; des enfants difficiles, aux comportements inexplicables ou victimes de la violence. Il s’intéresse aux noces qui courent le risque d’être honteuses par manque de vin ou par l’absence des invités.
 
Jésus est proche aujourd’hui de tous ces maux qui frappent tant de couples, de familles, au long de jours et des saisons de la vie. Il faut le supplier d’y venir, d’y mettre en œuvre sa bonté, sa miséricorde, sa tendresse. Il le peut et il le veut, car il connaît toutes nos fragilités, mais aussi toutes nos aspirations à aimer vraiment et à vivre.
 
Il est bon de situer Jésus dans la longue histoire des familles dans la Bible. C’est ce que fait un texte intéressant auquel je vous réfère.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(5e texte d’une série sur La joie de l’amour)

jeudi 13 juillet 2017

Le couple humain, image de Dieu

Un jour, Jésus rappelle à ses interlocuteurs ce que nous risquons parfois d’oublier et qui est le sens même du couple humain : « N'avez-vous pas lu que le Créateur, dès l'origine, les fit homme et femme? » (Matthieu 19, 4) C’est bien ce qu’enseigne le début de la Bible : « Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa. » (Genèse 1,27)
 
Le pape François, dans son magnifique texte intitulé La joie de l’amour, commente : « Les deux grandioses premiers chapitres de la Genèse nous offrent l’image du couple humain dans sa réalité fondamentale. Dans ce texte initial de la Bible brillent certaines affirmations décisives. » (par. 10)
 
Et il précise : « Le couple qui aime et procrée est la vraie “sculpture” vivante (non pas celle de pierre ou d’or que le Décalogue interdit), capable de manifester le Dieu créateur et sauveur. C’est pourquoi l’amour fécond arrive à être le symbole des réalités intimes de Dieu. » (par. 11) Ainsi, la relation féconde du couple devient une image qui oriente notre méditation vers le mystère de Dieu amour et vie, donateur généreux de vie. « Le Dieu Trinité est communion d’amour, et la famille est son reflet vivant. » Le Dieu auquel croient les chrétiens, dans son mystère le plus intime, est une famille, « puisqu’il porte en lui-même la paternité, la filiation et l’essence de la famille qu’est l’amour. »
 
Il faut admirer le couple humain dans son visage lumineux. Pensons à la relation directe – les yeux dans les yeux –, à cette rencontre avec « un visage, un “tu” qui reflète l’amour divin. » C’est ce qu’exprime admirablement la femme du Cantique des Cantiques dans une merveilleuse profession d’amour et de don réciproque : « Mon bien-aimé est à moi, et moi à lui […]. Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi! » (2, 16; 6, 3).
 
Pensons aussi à la beauté de la procréation et de la famille. Dans la Bible, l’union matrimoniale est évoquée à la fois dans sa dimension sexuelle et corporelle et aussi en tant que don volontaire d’amour : étreinte physique et union des cœurs et des vies. En jaillit la famille, construite de pierres vivantes. « La présence d’enfants est, de toute manière, un signe de plénitude de la famille, dans la continuité de la même histoire du salut, de génération en génération. » (par. 14)
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(4e texte d’une série sur La joie de l’amour)

vendredi 7 juillet 2017

La famille dans la Bible

Comme le note le pape François dans son document sur le couple et la famille (La joie de l’amour), « la Bible abonde en familles, en générations, en histoires d’amour et en crises familiales. » (par. 8) Elle est remplie de méditations, d’instructions, de récits très réalistes, de poésie aussi sur cette double réalité humaine fondamentale.
 
Dès les premières pages de la Bible, on rencontre la famille d’Adam et d’Ève. De page en page, on découvre un cortège ininterrompu d’alliances et de noces, de joies et de peines, de tendresses et de violences, de paix mais aussi de sang, qui caractérise la force de la vie qui continue ainsi son chemin de génération en génération.
 
Dieu crée l’humanité, homme et femme, à son image. Ainsi le couple humain devient co-créateur. Et « la capacité du couple humain à procréer est le chemin par lequel passe l’histoire du salut. » (par. 11)
 
La Parole de Dieu évoque l’union matrimoniale « non seulement dans sa dimension sexuelle et corporelle, mais aussi en tant que don volontaire d’amour. L’objectif de cette union est “de parvenir à être une seule chair”, soit par l’étreinte physique, soit par l’union des cœurs et des vies et, peut-être, à travers l’enfant qui naîtra des deux et portera en lui, en unissant, non seulement génétiquement, mais aussi spirituellement, les deux “chairs”. » (par. 13)
 
La présence d’enfants est interprétée dans la Bible comme un signe de plénitude de la famille. Par eux se tissent des liens entre les générations et s’affirme une ouverture sur l’avenir de la vie.
 
L’Évangile nous rappelle également que les enfants ne sont pas une propriété des parents : ils ont devant eux leur propre chemin de vie. Nous voyons Jésus obéissant à ses parents terrestres, mais aussi prenant ses distances d’eux. À Marie et Joseph qui sont étonnés devant le fait qu’il reste à Jérusalem après le pèlerinage annuel (cf. Lc 2, 51), Jésus affirme que sa vocation personnelle exige une séparation de ses parents. Il a une mission à accomplir hors de sa famille.
 
Dans la Bible, la Parole de Dieu nous aide à percevoir des dimensions profondes et parfois secrètes du mystère du couple et de la famille.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(3e texte d’une série sur La joie de l’amour)