vendredi 18 mai 2018

Gardiens de la vie des enfants

Parlant des parents, le pape François a développé ce thème dans son allocution du 31 décembre 2017, fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph.
 
Les parents ne sont pas les propriétaires de leurs enfants. « Dieu seul est le Seigneur de l’histoire individuelle et familiale; tout nous vient de Lui. » Les parents doivent être les gardiens des enfants qui leur sont confiés par Dieu, les aidant à grandir et à mûrir. Les parents sont donc appelés à reconnaître le primat de Dieu le Père sur leurs enfants, en les éduquant à s’ouvrir à Dieu qui est la source même de la vie.
 
Le récit évangélique qui raconte, dans saint Luc, ce qui fut vécu par cette famille lors de la présentation de l’enfant au temple, se termine par ces mots : « Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. »  (vv. 39-40)  
 
Le pape commente : « Une des grandes joies de la famille est la croissance des enfants. Ils sont destinés à se développer et à se fortifier, à acquérir la sagesse et à accueillir la grâce de Dieu, comme cela est arrivé à Jésus. Il est vraiment l’un de nous : le Fils de Dieu se fait enfant, il accepte de grandir, de se fortifier, il est plein de sagesse et la grâce de Dieu est sur Lui. Marie et Joseph ont la joie de voir tout cela dans leur enfant; et c’est la mission vers laquelle est orientée la famille : créer les conditions favorables pour la croissance harmonieuse et complète des enfants, afin qu’ils puissent vivre une vie bonne, digne de Dieu et constructive pour le monde. »
 
N’est-il pas souhaitable que les parents, ensemble, réfléchissent à cette mission de leur famille et se demandent comment ils la remplissent? La méditation de la vie de la Sainte Famille à Nazareth devient alors pour eux un repère pour discerner la qualité de leur vie humaine et chrétienne en famille.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(41e texte d’une série sur La joie de l’amour)

vendredi 11 mai 2018

Présence paternelle

On connaît le grand succès du livre de Guy Corneau, Père manquant, fils manqué. Cet écrit a marqué son époque. Certes, il date et sans doute que les pères ont quelque peu changé depuis. Mais le rôle du père dans la famille est toujours débattu. Il est toujours opportun d’y réfléchir et de discerner ce qui est vécu.
 
C’est ce que fait le pape François dans son document intitulé La joie de l’amour. (par. 175-177)
 
La mère protège l’enfant avec affection, lui aide à grandir dans la confiance, à développer son auto-estime et sa capacité d’intimité et d’empathie. Le père, pour sa part, « aide à percevoir les limites de la réalité, et se caractérise plus par l’orientation, par la sortie vers le monde plus vaste et comportant des défis, par l’invitation à l’effort et à la lutte. » La présence de la mère et du père « crée l’atmosphère la plus propice pour la maturation de l’enfant. »
 
Dans la société occidentale en particulier, on a cherché à éliminer le père autoritaire, le père représentant d’une loi qui s’impose de l’extérieur, le père censeur du bonheur de ses enfants et obstacle à l’émancipation, à l’autonomie des jeunes. Mais ne va-t-on pas à l’autre extrême maintenant? Sommes-nous devenons une société sans pères?
 
« Les pères sont parfois si concentrés sur eux-mêmes et sur leur propre travail et parfois sur leur propre réalisation individuelle qu’ils en oublient même la famille. Et ils laissent les enfants et les jeunes seuls. » La présence paternelle est aussi affectée par le temps consacré aux moyens de communication et à la technologie du divertissement. Ajoutons à cela le fait qu’aujourd’hui l’autorité est objet de soupçon. Les pères risquent alors de ne plus donner d’orientations sûres et bien fondées à leurs enfants. Ces derniers ont pourtant besoin de la présence aimante et ferme du père pour vivre leur processus de maturation.
 
Jaillissent alors des questions adressées aux pères. Jouent-ils avec leurs enfants? Ont-ils le courage et l’amour de perdre du temps avec leurs enfants? Dialoguent-ils avec eux? Donnent-ils à leurs enfants, à travers exemples et paroles, les principes, les valeurs, les règles de vie dont ils ont besoin?
 
« Il semble que les pères ne sachent pas bien quelle place occuper en famille et comment éduquer leurs enfants. Et alors, dans le doute, ils s’abstiennent, se retirent et négligent leurs responsabilités, en se réfugiant parfois dans un improbable rapport “d’égal à égal” avec leurs enfants. C’est vrai qu’il faut être “ami” de son enfant, mais sans oublier que l’on est le père! Si l’on se comporte seulement comme un ami qui est l’égal de l’enfant, cela ne fera pas de bien au jeune. »
 
Il n’est pas bon que les enfants soient sans parents, comme il y en a tellement aujourd’hui. Et pas seulement dans les pays ravagés par les guerres qui multiplient les orphelins!
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(40e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 5 mai 2018

Présence maternelle

Les questions entourant la conciliation travail-famille sont cruciales de nos jours à tous les niveaux de notre société. Le ministère de la Famille du Québec a de gros dossiers à ce sujet. Les universités cherchent à développer divers chemins pour une telle conciliation. Les syndicats s’en préoccupent. Il est bien perçu qu’il s’agit là de questions cruciales pour le milieu du travail et de la famille, ainsi que pour l’équilibre des personnes, parents et enfants.
 
Quelques réflexions générales sur la présence maternelle dans la famille peuvent apporter un peu d’eau à ce moulin qui cherche à retisser nos relations humaines et notre avenir. Je retiens ce qu’en a dit le pape François dans une audience générale. Relevons d’abord ce qui est une évidence, mais qui peut être tellement négligé : « Chaque personne humaine doit la vie à une mère, et presque toujours, elle lui doit une grande partie de son existence successive, de sa formation humaine et spirituelle. » Il existe beaucoup de poésies sur la mère! Mais, elle « est peu écoutée et peu aidée dans la vie quotidienne, peu considérée dans son rôle central dans la société. Souvent, on profite même de la disponibilité des mères à se sacrifier pour les enfants pour “économiser” sur les dépenses sociales. »
 
C’est un appel à mieux écouter ces femmes : « Il faudrait comprendre davantage leur lutte quotidienne pour être efficaces au travail et attentives et affectueuses en famille; il faudrait mieux comprendre à quoi elles aspirent pour exprimer les fruits les meilleurs et les plus authentiques de leur émancipation. »
 
« Une société sans mères serait une société inhumaine, parce que les mères savent témoigner toujours, même dans les pires moments, de la tendresse, du dévouement, de la force morale. Les mères transmettent souvent également le sens le plus profond de la pratique religieuse. » Comme au temps de saint Paul, comme au temps du régime communiste en Russie, encore aujourd’hui ce sont souvent les mères et les grand-mères qui transmettent les valeurs fondamentales pour toute la vie des enfants.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(39e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 28 avril 2018

L’amour du père et de la mère

Lors d’une audience générale, le pape François a pris comme thème : les promesses que les parents font à leurs enfants en les faisant venir au monde. Pour leurs enfants, ce sont des promesses « décisives pour leurs attentes à l’égard de la vie, pour leur confiance à l’égard des êtres humains, pour leur capacité de concevoir le nom de Dieu comme une bénédiction. »
 
Il ajoutait : « Accueil et soin, proximité et attention, confiance et espérance, sont autant de promesses de base, qui peuvent se résumer en une seule : amour. » Mettre un enfant au monde, c’est lui promette un amour qui saura prendre soin et se dire par l’attention, la confiance, un accueil véritable.
 
Dans son magnifique texte sur La joie de l’amour (par. 172), le pape reprend : « Dès qu’ils naissent, les enfants commencent à recevoir en don, avec la nourriture et les soins, la confirmation des qualités spirituelles de l’amour. Les actes de l’amour passent à travers le don du nom personnel, la transmission du langage, les intentions des regards, les illuminations des sourires. Ils apprennent ainsi que la beauté du lien entre les êtres humains vise notre âme, recherche notre liberté, accepte la diversité de l’autre, le reconnaît et le respecte comme interlocuteur. » C’est cela, l’amour parental, étincelle de l’amour même de Dieu.
 
« Tout enfant a le droit de recevoir l’amour d’une mère et d’un père, tous deux nécessaires pour sa maturation intégrale et harmonieuse. » C’est là un besoin et un droit naturels. Père et mère, tous deux, ensemble, mais chacun à sa façon, contribuent à l'éducation des enfants et à leur sécurité. Tous deux, homme et femme, père et mère, sont « les coopérateurs de l’amour du Dieu Créateur et comme ses interprètes. » (par. 50.2) Ils sont pour leurs enfants le visage maternel et le visage paternel de Dieu le Père.
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(38e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 21 avril 2018

Qu’est-ce qu’un enfant?

Le pape François a partagé, lors d’une audience générale, une réflexion stimulante sur ce que sont les enfants, quelle est leur importance dans la vie de la famille et de la société.
 
Il affirme qu’il y a « un lien étroit entre l’espérance d’un peuple et l’harmonie entre les générations. » La joie des enfants fait palpiter le cœur des parents, des grands-parents, et ouvre l’avenir de la famille et de la société. Les enfants « ne sont pas un problème de biologie reproductive, ni l’une des nombreuses façons de se réaliser. Ils ne sont pas davantage une possession des parents. Non. Les enfants sont un don, ils sont un cadeau. »
 
Chaque enfant est unique et irremplaçable. Et il est lié à ses racines. « Être fils et fille, en effet, selon le dessein de Dieu, signifie porter en soi la mémoire et l’espérance d’un amour qu’il a réalisé lui-même en allumant la vie d’un autre être humain, original et neuf. »
 
Le pape affirme avec force que chaque enfant est différent. Et il évoque un souvenir familial. « Je me souviens de ma maman qui disait de nous — nous étions cinq — : “Mais moi j’ai cinq enfants”. Quand on lui demandait : “Lequel préfères-tu?”, elle répondait : “J’ai cinq enfants, comme cinq doigts. [Le Pape montre les doigts de la main] Si on me frappe sur celui-là, ça me fait mal; si on me frappe sur cet autre-là, ça me fait mal. Ils me font mal tous les cinq. Ce sont tous mes enfants, mais ils sont tous différents comme les doigts d’une main”. Et c’est ainsi qu’est la famille! Les enfants sont différents, mais tous sont des enfants. »
 
Et il continue avec cette réflexion : « On aime un enfant parce qu’il est un enfant : non pas parce qu’il est beau, ou parce qu’il est comme ci ou comme ça; non, parce que c’est un enfant! Non pas parce qu’il pense comme moi, ou qu’il incarne mes désirs. Un enfant est un enfant : une vie générée par nous mais qui lui est destinée à lui, à son bien, au bien de la famille, de la société, de l’humanité entière. »
 
Un lien positif entre les générations est une garantie d’avenir et d’une histoire vraiment humaine. « Si une famille riche d’enfants est regardée comme si elle était un poids, il y a quelque chose qui ne va pas! » La génération des enfants doit être responsable. Mais avoir plus d’enfants ne peut pas automatiquement être vu comme un choix irresponsable. « La vie rajeunit et acquiert de l’énergie en se multipliant : elle s’enrichit, elle ne s’appauvrit pas! »
 
Et le pape résume sa vision de la vie humaine : « Il y a dans la multiplication des générations un mystère d’enrichissement de la vie de tous, qui vient de Dieu lui-même. » Et il termine : « Et je vous dis : comme il beau, lorsque je passe parmi vous, de voir les papas et les mamans qui portent leurs enfants afin qu’ils soient bénis; c’est un geste presque divin. Merci de le faire! »
 
† Roger Ébacher
Évêque émérite de Gatineau
(37e texte d’une série sur La joie de l’amour)

samedi 14 avril 2018

Poser des questions... pour devenir témoins

Luc 24,35-48
Dimanche 15 avril 2018
3e dimanche de Pâques
L’origine de l’univers, l’existence de Dieu
 
Le lundi de Pâques au soir, alors que nous étions à prendre le repas en famille, mes filles se sont misent à poser des questions sur l’origine de l’existence de Dieu et l’origine de l’univers. Des questions assez sérieuses pour le congé pascal. Nous avions possiblement mangé trop de chocolat!
 
En fait, les questions existentielles ne sont pas nouvelles et elles se posent pour chaque génération. C’est dans la nature humaine de se poser des questions. Les disciples et les Apôtres se posaient bien des questions au lendemain de la mort de Jésus et de sa disparition du tombeau. Ils ne croyaient pas ce que les femmes avaient vu en se rendant au tombeau et ce que les disciples avaient vécu sur le chemin d’Emmaüs. Oui, il est parfois difficile de croire.
 
L’évangile de ce dimanche nous raconte tous ce que Jésus a dû faire pour que les Apôtres en arrivent à le reconnaître et à le croire. « Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi! Touchez-moi, regardez-moi : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Mais Jésus se fait rassurant et les invite à la confiance en leur rappelant les écritures et en leur donnant sans tarder une mission : « À vous d’en être les témoins ».
 
René Laprise
Diacre permanent
 
(Ce texte a d’abord été publié dans la chronique Échos de la Parole sur le site Internet de l'Office de catéchèse du Québec)

vendredi 13 avril 2018

Les finalistes dans la catégorie "livres religieux"

De tous les livres reçus par Communications et Société suite à l'appel lancé auprès des éditeurs, cinq finalistes ont été retenus. Le Jury déterminera parmi ceux ci quel sera le récipiendaire du Prix littéraire de Communications et Société dans la catégorie "livre religieux". Mon récent livre Il nous aima jusqu'au bout, paru chez Médiaspaul, est l'un des cinq finalistes. Je tiens à remercier Communications et Société pour cette marque de reconnaissance.